Pour Mémé...
comme vous l'avez peut-être lu ici, je me suis rendue aux obsèques de ma Mémé au Mans...j'ai envie de vous parler d'elle, mais je ne saurai jamais le faire aussi bien qu'Alexis, mon "grand" cousin, l'a fait hier en l'Eglise de Savigné l'Evêque...alors je partage ses mots avec vous:
"Pour toi, Mémé, rien que pour toi,
Tu emportes ton histoire, la nôtre et celle d’un temps à jamais révolu. Quand tu es née - il y a presque un siècle ! - les Monuments aux Morts de la guerre, la Grande, n’existaient pas encore. Le regard des hommes et des femmes ne portait guère au-delà de leurs fermes et de leurs villages. Et les villes résonnaient seulement des sabots des chevaux et des roues des calèches.
Quand une mère ou une grand-mère s’en va, c’est l’enfance qu’elle emmène avec elle. Et l’histoire familiale , faite de petits riens qui la tissent. Et la mémoire d’un pays, aussi. Restent les souvenirs. Tu rejoins un autre monde mais nous sommes certains que tu seras toujours attachée à nos pas tant que l’un d’entre nous se souviendra de toi.
Tu retrouves les membres de notre famille, désormais invisibles à nos yeux. Et nous, les visibles honoreront ta mémoire. Certains en travaillant la ferme dont tu étais si fière, d’autres par la pensée ou par la prière, d’autres encore en portant ton prénom.
Tu as tant travaillé et aimé Souffle à l’eau qu’il est impossible que ton esprit n’y règne pas encore. Les ailes de ton âme se déploieront longtemps au-dessus de ta maison. Et ta présence emplira encore ta ferme. Et nous pourrons peut-être croire entendre le bruit léger de tes pas descendre l’escalier de pierre de ta maison.
Peut-être, saurons-nous distinguer ton ombre fugitive dans tes champs et dans tes prés qui descendent vers la rivière qui borde Souffle à l’eau. Ils chanteront ta mémoire quand la pluie les arrosera, quand le vent y dansera et quand le soleil les baignera d’une douce lumière. Ton mari, notre père et grand-père, t’y attend depuis neuf années et désormais, vous vous inscrivez, côte à côte, dans Souffle à l’eau, pour l’éternité.
Tu retournes aussi à cette photographie où l’on te voit avec tes frère et sœurs dans une ronde enfantine. Car tu as été une petite fille avant d’être mère, grand-mère et arrière-grand-mère. Retourne vers eux et reprend cette danse interrompue, dans ta belle robe blanche, tes cheveux attachés d’un ruban blanc, lui aussi, et redeviens cette petite fille, Léa Nicolas, car sois sans crainte, nous continuerons ton œuvre et saurons puiser dans ton exemple, Mémé Bruneau, pour mener à bien nos vies ici-bas. "
Ma Mémé et mon Pépé ont élevé 14 enfants, eu 47 petits-enfants, et ont à ce jour 67 arrières-petits enfants, plus deux à naître cette année...
Il y a quelques heures à peine, un de leur fils, absent aux obsèques de Mémé car hospitalisé en urgence, est parti rejoindre ses parents au Ciel...je viens de l'apprendre en rentrant.....je suis triste, et je pense fort à mes quatre cousines et à leur Maman.